Abeilles sauvages

En Suisse, on compte environ 600 espèces d’abeilles, mais une seule est mellifère. Les abeilles sauvages (ou abeilles solitaires) ne font pas de miel et ne piquent quasiment pas. Contrairement à l’abeille domestique, chaque femelle construit seule son nid avec plusieurs loges (cellules d’élevage) ; le plus souvent les abeilles sauvages ne voient pas la nouvelle génération car une fois les œufs pondus elles disparaissent, les larves continuant seules leur développement. Les abeilles sauvages participent majoritairement à la pollinisation des plantes sauvages et cultivées, alors que les abeilles domestiques ne participent qu’à 15% de la pollinisation mondiale de nos cultures !

Les besoins particuliers des abeilles sauvages

Pour qu’une population d’une espèce d’abeille sauvage puisse se maintenir durablement, l’habitat doit offrir les 3 éléments suivants :

  1. Des ressources alimentaires, c’est-à-dire une offre en fleurs suffisante et variée, répondant à leur besoin au niveau du nectar et du pollen. Il ne faut pas oublier d’avoir de l’eau à disposition.
  2. Un lieu de nidification spécifique : certaines espèces établissent leur nid dans les tiges creuses ou remplies de moelle des végétaux ; d’autres creusent ou utilisent des galeries dans le bois mort. 75 à 80% des abeilles sauvages nidifient dans le sol, sur des surfaces horizontales ou plus ou moins verticales, dans des substrats qui doivent être sableux, argileux ou calcaires ; certaines enfin utilisent d’anciens terriers de micro-mammifères, des cavités dans des arbres, d’anciennes coquilles d’escargot, etc.
  3. Des matériaux spécifiques pour la construction du nid (argile, terre, petits cailloux, résine), pour la confection des « bouchons» afin de séparer les cellules (où a lieu la ponte d’un œuf) et pour boucher le lieu de ponte.

Les abeilles sauvages sont également en voie de déclin !

Les menaces qui pèsent sur les pollinisateurs sauvages et en particulier sur les abeilles :

  • La fragmentation des habitats et les changements d’utilisation des sols, la disparition des friches
  • L’uniformisation des paysages et des pratiques agricoles, sylvicoles et de jardinage telles que l’apport de fertilisants, herbicides et pesticides
  • La fauche intensive
  • La concurrence éventuelle avec l’apiculture
  • Le changement climatique.

Améliorer les conditions de vie

Le plus important est de bannir l'emploi des produits chimiques ou d’utiliser des produits naturels. En outre il faut privilégier le fauchage ou la tondeuse manuelle, faire des tontes espacées dans le temps et attendre que les fleurs sauvages soient fanées. On peut aussi ajuster la hauteur de coupe à 10 cm au minimum et commencer à tondre par le milieu de la surface en se dirigeant vers les bords, ce qui permettra à la faune de fuir et de se cacher plus facilement.
On utilisera de manière modérée le « Kärcher », la souffleuse ou tous autres engins qui détruisent ou bouchent les entrées et les galeries souterraines des abeilles sauvages.

La prise en compte de ces principes simples à réaliser permettra de préserver et de favoriser les abeilles sauvages. En contrepartie, votre jardin bénéficiera d’une meilleure pollinisation donc de plus de fleurs et de fruits, sans compter le plaisir de la découverte du monde fascinant des abeilles sauvages. On protège mieux ce que l’on connaît...

Pour plus d’informations sur les abeilles sauvages consultez : www.urbanwildbees.ch  . Vous pouvez également télécharger l'application gratuite pour Smartphone "abeilles sauvages".

En Suisse romande, nous avons un spécialiste des abeilles sauvages, Christophe Praz   de l'université de Neuchâtel.